LA POESIE TUNISIENNE D'EXPRESSION FRANCAISE ( 3 ) ( suite et fin )
1956 va marquer une mutation en Tunisie sur le double plan
politique et litteraire.
Le 20 mars de cette année, le pays accédait à l'indépendance
totale après soixante-quinze ans de colonisation durant lesquels le
peuple tunisien a su, grâce à un attachement inoui aux valeurs arabo-
islamiques, resister aux tentatives de l’occupant de l’assimiler, soit par le
truchement de l’instruction publique, soit par une campagne
d’evangélisation dont l’illustration la plus manifeste fut le Congrès
Eucharistique tenu à Carthage en 1930 pour reactiver le missionariat
dans le pays.
La jeune poésie tunisienne francophone ne pouvait rester insensible à la
mutation d’après l'indépendance. Une nouvelle génération de poètes va
naître, encouragée par toutes sortes de revues. ll faudrait souligner, ici.
le rôle joué par les périodiques dans l’éclosion de ces talents. Nous
citerons, en premier lieu, Faiza ( 1 ), la deuxième revue féminine tunisienne
après Leïla et qui consacrait une rubrique Jeunesse maghrébine aux
essais de ieunes parmi lesquels Nacef Nakbi, le futur auteur de Au sortir
de l'enfance , Ridha Zili, All Smaoui, Abdeljélil l\/lessaoudi ou Taïeb
Ibrahim.
ll faut mentionner également Jeunesse Magazine et Dialogue qui
ont ouvert leurs colonnes à l\/loncef Ghachem, Mohamed Zarrouk et
d’autres.
Ce pref historique prouve une fois de plus l'incontestable présence
dans le monde des Lettres de la poésie tunisienne d‘expression
française. Cela, en dépit du scepticisme de certains comme Taoufik
Baccar ( 2 ) ou Albert Memmi (3 ).
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1 Faiza la revue féminine tunisienne (de 1959 à 1969)
2 Sur l'attitude de cet universitaire tunisien, lire le compte rendu de la table ronde bilinguisme,
diglossie in Revue Alif n°1 décembre 1971 pp. 13-14.
3 Voir à ce propos Portrait du colonisé Paris Edit. J.J. Pauvert 1966 p.148
Mohamed NOURI
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